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Chaleur : Transformez votre vélo en frigo

2 août 2012

Si vous ne connaissez pas ce truc, n’ayons pas peur des mots, il va changer votre vie de cyclotouriste. Il s’agit d’avoir toujours de l’eau fraîche dans son bidon, même par temps de canicule !

Chaleur : Transformez votre vélo en frigo

Grâce à un étui en tissu mouillé et à la vitesse de déplacement du vélo, on fait refroidir la gourde et son contenu (photo Y. Baunez)

Pour faire en sorte d’avoir de l’eau fraîche sans électricité, on utilise un phénomène thermophysique simple : l’évaporation produit du froid (en consommant de l’énergie thermique). Les campeurs connaissent cela avec les vaches à eau, des sacs de toile de jute qu’on remplit d’eau et qui, placés au soleil, maintiennent au frais leur contenu grâce à l’eau qui s’évapore par leur surface poreuse. Plus on accélère l’évaporation, plus on produit de froid. Donc, si la vache à eau est placée en plein vent, l’eau est encore plus fraîche.


Pour profiter de ce frigo naturel lorsqu’on se déplace à vélo, il suffit d’envelopper son bidon avec un tissu mouillé. Sous l’action conjuguée de la chaleur et du déplacement d’air provoqué par la progression du vélo, le tissu s’assèche plus ou moins rapidement, abaissant la température du bidon et de l’eau qu’il contient. Bien entendu, on n’obtient pas une température aussi glaciale qu’avec un réfrigérateur électrique mais, pour donner un ordre d’idée, on arrive à faire baisser de quelques degrés la température d’une eau prise à température ambiante. Au pire, on maintient la fraîcheur d’une eau prise à une fontaine. La sensation de frais est donc bien réelle lorsqu’on boit cette eau en pleine chaleur.


Un cycliste auteur d’un tour du monde à vélo dans les années 80, raconte : « Je me suis fais coudre des étuis en toile de jute autour de mes gourdes sur un marché, en Inde. Avec la chaleur très sèche, ils ne restaient humide qu’une heure environ, mais c’est le temps nécessaire pour laisser agir une pastille d’hydroclonazone. Au bout d’une heure, je pouvais donc boire de l’eau saine et fraîche : un vrai luxe lorsque je me suis retrouvé dans le désert au Pakistan ! »


Dès que l’enveloppe de la gourde est sèche, il faut la mouiller à nouveau, sinon l’eau se réchauffe à la même vitesse qu’habituellement.
De façon inexplicable, aucune marque de bidon, à notre connaissance, ne propose d’étuis adaptés pour apporter aux cyclistes ce confort facile et gratuit ; il va donc vous falloir bricoler un peu si vous voulez en profiter, mais c’est très simple. Il faut confectionner un étui dans une matière qui retient bien l’eau (toile de jute serrée, ou épais tissu de lin ou de coton), en veillant à laisser dépasser l’embout de la gourde ou du bidon de façon à pouvoir boire facilement en roulant. Avec les porte-bidons en métal, le jeu habituel et l’élasticité du système seront normalement suffisants pour que cette enveloppe ajoutée ne gêne absolument pas l’accrochage ou le décrochage du bidon.


Idéalement, il vaut mieux utiliser des bidons ou gourdes en aluminium et faire réaliser l’étui par quelqu’un qui sait coudre (et qui saura même terminer l’étui par un cordon ou un élastique pour un meilleur ajustement autour du bouchon). Mais enfiler une épaisse soquette de tennis autour d’un bidon classique en plastique marche aussi ! (C’est certes moins esthétique !)


Il ne vous reste plus qu’à expérimenter. Si vous avez l’habitude de mettre des boissons isotoniques (très légèrement salées) dans vos bidons, vous allez particulièrement apprécier de ne plus les boire tièdes ou chaudes !

 

gourde mouillee 1.jpg

Il suffit de mouiller sa gourde lorsqu'on la remplit

et de veiller à ce qu'elle reste toujours humide (photo Y.B.)
 

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